02.11.2007

Manet vs Millet

Manet vs Millet

 

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Le 3 mai de Goya - 1814

Dans son essai sur Manet, Georges Bataille nous explique comment ce peintre rompt et détruit la peinture d'histoire dans sa toile « l'Exécution de Maximilien ». Un parallèle peut être réalisé avec le récit autobiographique de Catherine Millet : "la vie sexuelle de Catherine M " en regard de la littérature érotique.

En effet, Lorsqu'en 1955, Bataille publia un essai sur Manet , il s'employa à démontrer comment la toile du peintre " L'Exécution de Maximilien " constituait une rupture avec la peinture d'histoire en reprenant avec froideur la toile de Goya " Le Trois Mai ".

Malraux dira d'ailleurs : "C'est le Trois Mai, moins ce que le tableau signifie " car si dans cette oeuvre Goya traduit l'instant dramatique de l'apparition de la mort, Manet, lui, détruit, par sa distanciation envers le sujet, la tradition où la peinture exprimait un sentiment.

C'est depuis Manet, toujours selon Bataille, que daterait le refus de toute valeur étrangère à la peinture. Le sujet n'est alors là que comme simple prétexte à celle-ci.

Par ailleurs, la tradition érotique de Sade à nos jours, repose sur la notion fondamentale de transgression.

En effet, l'érotisme dans son ensemble est souvent infraction à la règle des interdits.

L'oeuvre érotique de George Bataille en est l'apothéose où les pôles transcendantaux sont renversés dans une spiritualité pervertie. Le meurtre, la souillure et le chaos se sacralisent et remplacent les notions idéelles traditionnelles du beau et du noble. Mais cette transcendance dans la transgression est totalement anéantie chez Catherine Millet. Elle expose des scènes érotiques mais son récit ne l'est pas tant sa description est clinique, froide. Ses récits orgiaques ne sont plus que prétexte à une introspection.

Dès lors, il est possible de se demander si dans son livre autobiographique, Catherine Millet, comme le fit Manet en son temps, ne cherche pas justement, indifférente aux scènes impudiquement dévoilées, à détruire cette notion de transcendance obsolète en peinture depuis la fin de l'art moderne pour nous ramener à une esthétique relationnelle actuelle où l'écrivain nous montre seulement à voir comment elle peut écrire sa sexualité.

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L'éxécution de l'empereur Maximilien
Manet - 1868

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